La classe moyenne africaine : cible de choix des investisseurs

Classe moyenne africaineEn ces temps de crises, les investisseurs locaux ou étrangers cherchent des nouveaux marchés porteurs. L’Afrique, malgré ses difficultés, continue sa progression doucement, mais surement. Évaluée entre 300 à 400 millions de personnes, la classe moyenne africaine est devenue une cible de choix pour les investisseurs. Pourquoi ? Vérité ou utopie ? Existent-ils réellement des Africains, avec une situation financière convenable, qui travaillent, consomment et jouissent de la vie ?  

La classe moyenne africaine : cible de choix des investisseurs

Définition de la classe moyenne africaine

 La classe moyenne désigne une catégorie de personnes qui, par son niveau de vie et son statut social, se situe entre les classes pauvres et les classes aisées. La classe moyenne travaille, consomme (possède un pouvoir d’achat), paie leurs impôts, tout en profitant des joies de la vie.
Dans son rapport, la BAD (Banque Africaine de Développement) la classe en trois catégories:
1 / Classe moyenne vacillante ” floating class ” : ils peuvent dépenser entre 2 à 4 $ par jour. Cette classe est extrêmement fragile, car elle peut basculer dans la pauvreté.
2 / Classe moyenne intermédiaire ” lower middle-class ” : ils peuvent dépenser entre 4 et 10 $ par jour.
3 / Classe moyenne supérieure ” upper middle-class ” : à la différence des autres, ils peuvent dépenser entre 10 et 20 $ par jour.
Dans le classement de la BAD, la Tunisie (89.5 %) est la première économie africaine au sens du pourcentage de classe moyenne, suivit par le  Maroc (84.5 %), l’Égypte (79.7 %), l’Algérie (76.6 %) et le Gabon (75.4 %).
Plus de 34 % de la population font partie de la classe moyenne et ses chiffres n’arrêtent pas d’agrandir. Pourquoi ?

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Le profil de la classe moyenne africaine 

  • La classe moyenne en image (voir le slide ci-dessous)

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  • Plus urbaine : en effet, on assiste à une croissance urbaine de plus en plus forte. Les classes moyennes quittent leurs campagnes ou villages pour s’installer en ville ou sur la côte.

Luc Rigouzo cite :

 En 1950, il n’y avait aucune ville de plus de 1 million d’habitants ; le sous-continent en compte aujourd’hui 38, dont 5 qui dépassent les 5 millions.»

80 % de l’investissement se fait dans le bâtiment et la construction, les cimenteries fleurissent un peu partout “
De plus, la grande ville de Lagos au Nigeria a pu renaître de ses cendres grâce à la classe moyenne et à l’esprit d’entreprise de ses habitants.

  • Une famille plus réduite : les classes moyennes ont entre 1 à 3 enfants. On observe que la natalité diminue considérablement dans les villes et les milieux instruits.
  • Une famille plus éduquée : conscientes des enjeux du monde, les familles africaines de la classe moyenne mise sur l’éducation. Ils subviennent aux besoins de leurs enfants. N’hésite pas à les envoyer dans des écoles privées ou à l’étranger pour qu’ils puissent bénéficier de la meilleure éducation possible. Dans l’espoir que ces enfants construisent l’Afrique de demain. Plus sains, Plus stable, Moins pauvres, un continent riche ou tout le monde vit en paix.
  • Des métiers variés : cette classe se compose de commerçants, fonctionnaires, banquiers, comptables, journalistes, chefs d’entreprise, agriculteurs multipliant les investissements, avocats, enseignants, artisans, salariés du secteur privé comme du secteur public, techniciens, cadres, etc.
  • Les dépenses de la classe moyenne africaine : elle dépense entre 2$ pour les plus pauvres jusqu’à 20 ou 30 $ par jour pour les plus riches de la classe moyenne.

Catégorisation des classes sociales par les revenus en Afrique

  • Les coûts des dépenses similaires à ceux des occidentaux. Il y a le coût du logement + alimentation + facture d’eau, électricité et de téléphone + transport + santé et éducation + Loisir + Épargne. D’après une étude de Mckinsey, les dépenses de consommation devraient passer de 86o milliards de dollars à 1 400 milliards en 2020.
  • Mode de consommation est proche des occidentaux. Les classes moyennes vivent dans des appartements ou des maisons tout équipées. On y trouve la télévision (pour certains, les écrans plats), le réfrigérateur, l’ordinateur, le portable. Ils possèdent aussi un véhicule automobile. De plus, cette classe moyenne cherche à consommer constamment.
  • Ouvert au monde : les Africains de la classe moyenne possèdent internet à la maison et surfent régulièrement. Par exemple, la révolution arabe s’est faite grâce à internet et aux réseaux sociaux tels que Facebook ou autres. Ils sont inscrits sur Facebook, Twitter. Mais le réseau social qui cartonne en Afrique et dépasse largement Facebook est le réseau Mxit. Le réseau Mxit a été crée en 2003 pour le mobile et possède plus de 10 millions d’utilisateurs, en Afrique du Sud

Le téléphone portable est devenu incontournable. Par exemple, plus de 500 millions de téléphones mobiles sont en usage en Afrique. Il permet de communiquer, d’avoir accès à des services bancaires, administratifs, scolaires, médicaux, d’aller sur les réseaux sociaux ou autres. Facebook, conscient de cette opportunité, a développé une stratégie pour satisfaire ces consommateurs sur leurs téléphones portables.

Taux de souscription à des abonnements mobiles de téléphone mobile Boom téléphone mobile en afrique
  • L’électricité : la classe moyenne africaine bénéficie pour certains de l’électricité et de l’internet à haut débit. En cas de coupure de courant, ils possèdent soit un générateur ou un groupe électrogène.
  • La santé : la classe moyenne possède une assurance santé ou gagne assez pour accéder aux soins.
  • L’eau : les Africains de la classe moyenne se débrouillent. Certains ont des puits où ils peuvent puiser de l’eau. D’autres, peuvent s’offrir de l’eau potable. Mais, c’est surtout au cas par cas.
  • Les loisirs : les plus chanceux, peuvent se permettre de voyager à l’étranger ou en Afrique. Ils sont des sorties en famille au bord de la mer pour ceux qui vivent près des côtes. Ils aiment aller au cinéma, lire, danser, les barbecues, etc.
  • Une jeunesse africaine plus ambitieuse : en effet, les jeunes talents africains ne veulent pas forcément devenir fonctionnaires, travailler pour des entreprises publiques. Ils sont plus ambitieux et veulent devenir chefs d’entreprise. Ils s’intéressent beaucoup aux nouvelles technologies et n’hésitent pas à créer des inventions pour venir en aide à leur population. Un cercle vertueux naîtra de la transmission des connaissances et de la réussite de ces nouveaux talents africains. Par exemple, on peut citer :

             1 / Arthur Zang : il a créé la tablette tactile à usage Médical.
             2 /Moctar Dembele & Gerard Niyondiko : ils ont inventé le savon Anti-Paludisme.
             3 / Edgar Hardy ou Cyrille Bomba qui ont inventé une lampe solaire.
              4 / Abdoulaye Toure : il a inventé un four solaire.
              5 / Mubarak Muhammad Abdullahi: il a créé un hélicoptère.
              6 / Sandrine Ngalula Mubenga : elle a inventé une voiture électrique hybride.
               7 / William Kamkwamba : il a créé à 14 ans une éolienne qui a sauve tout son village.
               8 / Quatre collégiennes nigérianes ont mit au point un générateur d’électricité qui carbure à l’usine plutôt qu’au diesel.
                      Elles ont juste entre 14 et 15 ans.
               9 / Brian Gitta : il crée une application contre le paludisme.
                10 / Mohamed Lamine Camara : il crée une pompe hydraulique.
               Le nombre de jeunes talents africains est trop grand. Je vous en reparlerai en détail dans un autre article.

  •  Vision de la vie des classes moyenne africaine : les classes moyennes ont des habitudes de consommation qui ressemblent aux occidentaux. Mais, ils ne pensent pas comme eux. Les traditions africaines sont encrées dans le subconscient de ces personnes. Par exemple, ils ne mangent pas à l’Européenne. Ils préfèrent manger les plats traditionnels africains. La notion de famille est super importante. Si vous regardez les Africains ou les étrangers d’origine africaine, ils passent leur temps à envoyer de l’argent à leur famille rester en Afrique. Ce n’est pas une obligation. C’est un devoir que tout africain effectue régulièrement envers sa famille. Ils ont souvent des familles élastiques. 
  • Le rêve de l’occident s’efface : la classe moyenne est éduquée et regarde avec souffrance comment sont traités leurs frères, leurs sœurs, leurs cousins dans les pays étrangers. Beaucoup ont perdu l’illusion de l’occident. Ils voient certains membres de leurs familles, acquérir un Bac + 5, mais suite à certaines discriminations, ils n’ont pas la chance de trouver du travail. Donc, certains refusent de s’expatrier, car le marché du travail occidental est, de plus en plus bancal. Puis, ils ont tout dans leurs pays.  Ils se rendent compte du potentiel et des richesses de leurs pays. Ils aiment leurs pays, leurs familles, leurs amis et ne quitteraient pas l’Afrique pour rien au monde. Malgré, les difficultés, la corruption, le manque d’infrastructure, ils se sentent bien chez eux.

 

De nouveaux marchés porteurs ! 

 _ Le secteur des biens de grande consommation et de la grande distribution a un avenir certain.
Cette classe moyenne a faim de nouveauté. Ils veulent consommer des nouveaux produits et sont favorables au changement positif de leur pays. Les Africains veulent s’offrir des vêtements de marque, des téléphones, des réfrigérateurs, des machines à laver, des voitures. Tous ceci en parallèle avec l’accès aux soins et aux logements.
_Le secteur des Technologies de l’information et de la communication (TIC)
C’est un marché porteur, car il améliore la connectivité de l’Afrique en matière de télécommunications et de réseaux d’ in­for­ma­tion. Le résultat est que le nombre de centres d’appels ne cessent d’augmenter.
“Par exemple, au Maroc, une dizaine de centres d’appels s’ouvrent chaque année. Même si des clients ont fini par opter pour la Tunisie où Madagascar qui sont 20 et 50 % moins chers que le Maroc, on estime que 100 000 emplois peuvent encore être créés d’ici 2012.” 
L’implémentation de centre d’appels est nécessaire dans les pays africains. Par exemple, le Maroc, la Tunisie, Madagascar, le Congo Brazzaville, Djibouti, le Ghana, le Nigeria, le Sénégal réunissent toutes les conditions nécessaires en terme d’emploi, des diplômées ou des infrastructures Télécoms nécessaires.
“Les deux partenaires se concentrent sur huit domaines des TIC, dotés du potentiel pour « transformer les sociétés africaines » : l’agriculture, l’adaptation au changement climatique, l’éducation, les services financiers, la santé, les TIC à l’échelle locale, la modernisation de l’appareil gouvernemental, le commerce et l’intégration régionale.”
Le secteur des télécoms a beaucoup d’opportunité. Pour combler un déficit en infrastructures, les Africains se ruent vers le secteur des télécoms. Le téléphone portable permet de communiquer, d’avoir accès à des services bancaires, administratifs, scolaires (enseignement à distance en E-learning), médicaux, d’aller sur les réseaux sociaux ou autres. Cette tendance est très visible en Afrique, en particulier au Nigeria et au Kenya. Le secteur du M’banking est un secteur crucial, car pour pallier à l’absence d’un réseau bancaire conséquent, le paiement par téléphone mobile explose en Afrique. Les Africains sont à la recherche d’un marché bancaire plus sécurisé pour faire leurs achats.  L’accroissement de cette demande constitue la troisième source de croissance du marché.
_ Le secteur des énergies renouvelables (solaire/éolien)
Le continent africain reste encore paralysé par le manque d’électricité. Tous les gouvernements africains luttent contre ce problème. Ils n’hésitent pas à miser dans les énergies renouvelables (solaire/éolien) pour palier cette difficulté. De plus, de nombreux inventeurs africains imaginent et créent des inventions utilisant le solaire pour aider leur population.
_Le secteur de l’industrie est fondamentale
En effet, le secteur de l’industrie manufacturière est stratégique. L’industrie africaine n’a pas de réel poids économique, car le continent se focalise trop sur le secteur de l’extraction. Pourtant, ce secteur permettrait aux Africains de réduire la pauvreté. Il est source d’emplois, d’innovations et se répercute dans d’autres secteurs de l’économie.
(ex Les Chinois avec les voitures made in china fabriqué en Afrique)
_Le secteur des sciences et des technologies.
Il existe de plus en plus de jeunes africains qui créent tel ou tel invention. Mais par manque de subvention ou de soutien financier, ils ne peuvent pas aller au bout de leur recherche.  Donc, il faut investir dans l’éducation.

SHOPPING EN LIGNE


Malgré les difficultés, la classe moyenne africaine doit continuer son combat. L’esprit d’entreprise, le soutien des états africains, le soutien des banques africaines permettra à cette classe moyenne africaine d’apporter un vent nouveau en Afrique. Qu’en pensez-vous ?

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5 commentaires

  1. Bonjour, je viens de lire cette article. Sur la classe moyenne africaine, je suis content qu’ils vivent de plus en plus comme nous cinéma,plages etc.. Bref j’ai bien été content de parcourir se bon petit moment de lecture. Bref, il faut qu’on leur encourage et qu’on leur donne la force de faire grandir notre continent Afrique. Merci afro culture

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