À 24 ans, ce surfeur au grand cœur a traversé l’Afrique pour apporter de l’eau potable

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À 24 ans, ce surfeur au grand cœur a traversé l’Afrique pour apporter de l’eau potable.

Comment allier sa passion pour le surf et son envie d’aider les gens dans le besoin ?

À 24 ans, Ismail Benlamlih, un jeune surfeur marocain au grand cœur, a fait un pari complètement fou.

Déterminé à aider les autres tout en vivant de sa passion pour le surf, il a entrepris un voyage extraordinaire de 5 mois sur le continent africain, pour aider les populations locales à avoir accès à l’eau potable.

 Mais comment tout a commencé ?

Ismail est un jeune surfeur marocain de Casablanca et un professeur de yoga. Sa quête de la vague l’a emmené à visiter les contrées les plus éloignées. Tout au long de son voyage, il a cerné que le problème numéro 1 de l’Afrique est le manque d’accès à l’eau potable.

« Ma quête de la vague parfaite et vierge m’a emmené dans les contrées les plus éloignées souvent au fin fond de la jungle où j’ai rencontré des gens à qui je pouvais venir en aide », confie-t-il.

À partir de là, il s’est donné un double objectif : réalisé son rêve de surf trip sur les vagues africaines tout en aidant les populations locales à avoir accès l’eau potable en leur distribuant des filtres à eau. En mai 2016, son voyage au grand cœur a commencé. Son épopée sportive et humaine a été filmée. Tout son périple est relaté dans le documentaire « The African water wave ».

Comment a-t-il procédé ? Qu’a-t-il fait ? Quelles sont les difficultés qu’il a rencontrées ?

1ère étape : lancement d’une campagne de don.

Premièrement, Ismail a décidé de mobiliser la communauté de surfeurs avec la création d’une campagne de dons pour obtenir des filtres à eau et du matériel.

Il explique :

« J’ai donc lancé un appel aux dons à travers la communauté de surfeurs que j’ai rencontrée un peu partout. Des filtres à eau ont été achetés d’Europe, d’Amérique, d’Australie et du Maroc et m’ont été envoyés. »

Lorsqu’il a reçu toutes ces magnifiques donations, il a emballé ses planches et son matériel pour aller aider son prochain.

2ème  étape : parcourir 8 pays d’Afrique en 5 mois pour aider les populations locales à avoir accès à l’eau potable.

« Je suis marocain et l’Afrique est mon continent, un continent où le bonheur est contagieux. »

Ismail a décidé de voyager léger en prenant des transports locaux. Il part du Maroc vers la Namibie en passant par la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Liberia et le Ghana. Vous pouvez voir son voyage sur le continent africain dans la vidéo ci-dessous :

“ C’est très difficile de planifier un voyage en Afrique de l’Ouest, il n’y aucune information à jour sur Internet et les situations sur place sont vraiment compliquées : la guerre au Mali, les bombardements en Côte d’Ivoire, l’Ebola au Libéria. Je me suis dit qu’en étant au plus près des populations, je serais protégé.”

Maroc – Mali – Sénégal – Côte d’Ivoire

Il a fait 60 heures de bus de Dakar à Abidjan en passant parle Mali. Des habitants l’ont accueilli chaleureusement avec le sourire. Il a pu manger et se reposer chez eux.

Liberia – Ghana

Pour aller au Liberia, il a dû prendre l’avion, car les frontières étaient fermées.

« Le Liberia est la destination qui m’a le plus touché, j’ai dû prendre un vol d’Abidjan vers Monrovia vu que les frontières étaient fermées à cause d’Ébola. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre et tout ce que je pouvais trouver sur le net me faisait peur », explique-t-il.

Malgré les inquiétudes, il a décidé de vaincre sa peur de l’inconnu et de réaliser son objectif d’aider les populations locales.

 « Je me suis senti assez privilégié de pouvoir m’y rendre, le tourisme y est inexistant et il n’y a que quelques fenêtres pour visiter le pays entre épidémie et guerre. Ce qui m’a touché, c’est que malgré la difficulté, les gens sont heureux et joyeux, ils dansent et font la fête comme si de rien n’était» déclare-t-il.

Mauritanie – Namibie

Son aventure humaine l’a emmené jusqu’en Namibie en passant par la Mauritanie. Il a pu réaliser un beau surf trip et profité des vagues de Skeleton Bay.

Tout au long de son voyage, il a été accueilli chaleureusement par les habitants locaux. Le jeune surfeur a distribué des filtres à eau aux gens dans le besoin pour avoir accès à l’eau potable.

« En tant que Marocain, on perd un peu notre identité en essayant de ressembler aux Européens ou autre, on oublie qu’on vit sur un continent riche en couleurs, en vitalité et en savoir. On peut s’entraider entre Africains, on n’a pas besoin d’être riche pour donner. Il suffit d’avoir un peu de temps pour partager sa passion ». 

Crédit photo : Ismail Benlamlih

Les difficultés du voyage.

Son voyage n’a pas été facile. Il a dû vaincre sa peur de l’inconnu et partir à la découverte de contrée qu’il n’a jamais vu. Malgré sa détermination, il est tombé malade. Ismail a été hospitalisé à plusieurs reprises suite au paludisme et à l’hépatite. Mais malgré cela, il est resté concentré sur ses objectifs d’aider les autres. Il ne regrette rien et garde de magnifiques souvenirs. Les populations locales l’ont accueilli avec beaucoup d’amour et de sourire.

La passion du surf et du yoga

Tout au long de son périple, Ismail nous déclare son amour pour le surf. Ce sport l’a aidé à ne pas dérailler et a canalisé son énergie, lors qu’il en avait besoin.

« Le surf est venu dans ma vie pendant l’adolescence à un moment où je déraillais un peu, il a canalisé mon énergie et m’a donné l’envie de m’entraîner pour devenir un meilleur surfeur, mais aussi un meilleur être humain. La pratique du yoga m’a beaucoup aidé, je me suis accepté comme je suis en essayant de faire de meilleurs choix dans ma vie ».

« Le surf a vraiment changé ma vision de la vie, c’est plus une activité spirituelle qu’un sport, un peu comme le yoga, parce que les trois quarts du temps, on rame, on médite, on s’émerveille de ce qui nous entoure, on discute avec les gens qui partagent notre passion et on voit comment ça change les esprits»

 

« On peut s’entraider entre Africains, on n’a pas besoin d’être riche pour donner. Il suffit d’avoir un peu de temps pour partager sa passion.»

Ismail Benlamlih

Ce surfeur marocain est une grande source d’inspiration. Il a décidé de ne plus être spectateur de la souffrance des autres. Il est passé à l’action en aidant les populations locales en leur distribuant des filtres à eau pour avoir accès à l’eau potable. Il est le témoignage qu’il est possible de vivre de sa passion et prendre soin de son prochain. Afroculture.net le remercie pour cet acte plein de gentillesse.

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