Capoeira : symbole révolutionnaire des Afro-Brésiliens

Afroculture.net
  •  
  •  
  •  
  •  


À travers le chant et la danse, la capoeira est le symbole révolutionnaire des Afro-Brésiliens. Réduits à l’esclavage, privés du droit de se défendre, les esclaves africains et indigènes vont développer un art martial de combat pour se libérer de leurs asservisseurs.

Capoeira : symbole révolutionnaire des Afro-Brésiliens

La capoeira, c’est quoi ? 

capoeiraLa capoeira est un art martial Afro-Brésilien né en 1537, avec la déportation de milliers d’esclaves africains venus d’Afrique pour travailler dans les champs de canne à sucre au Brésil. Puisant ses racines dans les méthodes de danses et de combat des peuples africains, la capoeira devient un symbole révolutionnaire pour les Afro-Brésiliens. Avec son coté ludique et acrobatique, la capoeira mélange la danse, le chant et le combat.
Des formes proches à la capoeira sont pratiquées dans la plupart des pays de la traite négrière.

  • Le ladja ou danmye en Martinique et en Guadeloupe.
  • Le moring à la Réunion, Madagascar et Mayotte.
  • Le susa au Suriname.
  • Le maní à Cuba. 
  • Le pingue à Haïti.

 

Quelle est la caractéristique de la capoeira ?

Capoeira-couché-de-soleil
La principale caractéristique de la capoeira est la « roda. » En effet, les capoeiristes forment une ronde, un cercle autour de deux capoeiristes qui se battent.  Ce style de lutte utilise surtout les pieds, car les mains des esclaves étaient attachées. Pendant que les deux capoeiristes s’affrontent en chantent et en frappent des mains pour les encourager dans une ambiance festive et joyeuse . Dès que le combat se termine, deux autres prennent le relais.
Les différents types de mouvements de la capoeira sont des sauts et des acrobaties, des mouvements d’animaux, des déplacements au sol et des mouvements à mi-hauteur. Le mouvement de base de la capoeira est le Ginga. Le Ginga permet de se déplacer en rythme, comme les boxeurs et de façon continue.

Quelles sont les origines de la capoeira ? 

Peinture sur la Capoeira pendant l'esclavageLes origines de la capoeira entraînent de nombreux désaccords et restent encore floues. Deux mouvements s’affrontent.
Le premier mouvement exprime que la capoeira est venue avec les esclaves africains. Par exemple, pour les esclaves Angolais, la capoeira était une danse de séduction utilisée pour les prétendants de jeunes femmes. D’autres expliquent que la capoeira ait été inspirée des techniques de combat du Royaume Kongo (Angola, République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville et Gabon). Cet art de combat des guerriers s’intitulait « NGO-LO » (en français, la force de la panthère, celle-ci étant le totem historique du peuple KONGO), selon la Société des Historiens du Congo-Brazzaville. Le témoignage d’Albano de Neves e Souza via L. Camara Cascudo confirme cette idée.
Le second mouvement dit que la capoeira est née au Brésil. Certes, elle a été affinée par les esclaves Africains, mais elle est crée au Brésil.

Un maître célèbre de la capoeira mestre Bimba déclare au journal ‘Tribuna de Bahia’ en 1969 :
Ce fut dans les senzalas du Reconcavo que naquit la Capoeira. »

Quant à l’origine africaine et angolaise de la capoeira il déclare dans le même journal : 

Les noirs, oui, étaient d’Angola, mais la Capoeira est de Cachoeira, Santo Amaro et de l’ile de Maré. »

Capoeira : symbole révolutionnaire des Afro-Brésiliens ?

 Capoeira 1Enchaînés, maltraités, les esclaves africains ont développé un art martial pour se défendre de leurs oppresseurs. Pour ne pas se faire attraper, ils ont utilisé la ruse en déguisant cet art martial par des chants et des danses. Ils s’entraînaient quotidiennement au rythme des percussions pour se préparer à une rébellion pour se libérer de leurs colons Portugais. Épuisés physiquement, ils développent en secret une lutte traditionnelle qui les libèrera un jour de leurs chaînes.

Certains esclaves arrivent à s’enfuir et constituent des Quilombos, c’est-à-dire des communautés cachées qui vivent dans les forêts. Pour se défendre des colons, ils utilisent la capoeira. Le plus connu des Quilombos « O Quilombo dos Palmares »  a tenu plus d’un siècle. Il est célébré et  le plus célèbre des résistants est « Zumbi Dos Palmares », une figure incontestable de la résistance  des esclaves africains.
La capoeira peut se définir comme une lutte traditionnelle à travers ses gestes et ses coups, une manifestation culturelle avec ses chants et ses danses, mais aussi un jeu acrobatique entre capoeiristes.
En échange de leur liberté, pendant la guerre du Paraguay, le Brésil envoya de nombreux capoeiristes se battent sur le champ de bataille.
En 1890, le Brésil créa un délit pour interdire la capoeira. Quiconque était surpris à pratiquer la capoeira se rendait coupable de « capoeiragem. » Leurs punitions étaient terribles, car ils étaient emprisonnés et envoyés aux travaux forcés.
Pendant des années, il fallait rusé pour faire de la capoeira. On la pratiquait en cachette. La toque de la cavalerie était jouée pour avertir les capoeiristes de l’arrivée des colons et leur permettaient de fuir.
Vers le début du xxe siècle, c’est la démocratisation de la capoeira. Elle gagne de plus en plus de popularité. La capoeira est devenue un art respectable et se démocratise. Elle est soutenue massivement par de nombreux artistes, danseurs, hommes publics brésiliens. Elle est le symbole de la révolution, rébellion des afro-brésiliens envers leurs oppresseurs. C’est une manifestation populaire de la culture brésilienne. De plus, la capoeira amène à la création d’école pour apprendre cet art.

La capoeira traditionnelle ou angolaise.                    La capoeira régional
  • Son représentant est le maître Pastinha qui souhaite garder toutes les coutumes ancestrales et traditionnelles.En effet, Vicente Ferreira Pastinha connu comme Mestre Pastinha est le mouvement qui souhaite garder la capoeira traditionnelle, et sera appelé la capoeira angolaise.
  • En 1941, il fonde le « Centro Esportivo de Capoeira Angola » à Salvador pour développer son art.

 

  • Son représentant est Manuel dos Reis Machado plus connu comme Mestre Bimba. En 1930, il crée le « Centro de Cultura Fisica e Capoeira Regional » à Salvador de Bahia et il crée le style capoeira régional.
  • Elle est différente de la capoeira traditionnelle, car elle intègre des éléments de « Batuque », une lutte africaine que pratiquait son père, et d’autres éléments venus d’arts martiaux étrangers.Pour enlever l’image négative, que la capoeira est pour les voyous, les délinquants ou le banditisme.
  • Il sélectionne et accepte que des individus honnêtes pouvant certifier d’un travail. Les premières générations sont jeunes blancs issus de bonne famille.
  • En 1952, il impressionna le président brésilien , Getúlio Vargas, qui considéra que la capoeira est le « véritable sport national brésilien. »

Pour finir, en 1940, la capoeira fut légitime. La loi qui l’interdisait a été abrogée. Grâce aux travaux de Mestre Bimba et Pastinha, la capoeira quitte l’image de la clandestinité et devient un sport légitime. Aujourd’hui, c’est un des sports les plus pratiqués au Brésil après le football, le jiu-jitsu Brésilien et le volleyball. C’est une manifestation culturelle, une partie de patrimoine des brésiliens. Elle exprime son identité, son histoire et la combativité des Afro-Brésiliens. Les valeurs de la capoeira sont nombreuses. Elle développe l’endurance physique, l’agilité, la souplesse, le sens du rythme dans une ambiance très chaleureuse.

La phrase qui définit la capoeira par beaucoup de monde est qu’elle est l’art de lutter à l’intérieur de la danse et de danser dans la lutte. »

Alors, vous aimez ce sport ?

  •  
  •  
  •  
Afroculture.net

Un commentaire

Leave a Response / laissez un commentaire