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Nanny (reine des marrons) : héroïne de la lutte contre l’esclavage en Jamaïque.
novembre 14th, 2016 by Charlotte B




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Nanny (reine des marrons) : héroïne de la lutte contre l’esclavage en Jamaïque.

 

Contexte

 Des milliers d’esclaves africains ont été déportés pour venir travailler dans les champs de canne à sucre et dans les mines. Ces esclaves venaient de Gold Coast, du Congo et de Madagascar. Maltraités, réduits à l’esclavage, privé du droit de se défendre, les esclaves africains travaillaient dans des conditions extrêmement dures. Lorsque les esclaves arrivaient à s’enfuir, ils constituaient des communautés cachées qui vivent dans les forêts ou les montagnes.

 

Qui est Nanny, reine des marrons ? (environ 1685 – 1733 ou 1760)

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Originaire de la côte occidentale africaine (Ghana), Nanny est une héroïne et leader jamaïcaine, figure emblématique de la résistance des marrons contre l’esclavage. Dans la langue anglaise, le mot « nanny » est utilisé pour désigner une personne qui prend soin d’un enfant en l’absence de ses parents.

Née en 1685, dans l’ethnie Akan, elle fut kidnappée et réduite à l’esclavage en Jamaïque avec des membres de son peuple. Dès leur arrivée, Nanny et ses compatriotes ont été vendus à une plantation de la commune Saint Thomas, à proximité de Port Royal. Dans ces plantations, les conditions de travail étaient particulièrement dures.

Avec ses frères Accompong, Cudjoe, Johnny et Quao, ils s’enfuirent de la plantation et se cachèrent dans la région Blue Mountains. De là, ils menèrent plusieurs révoltes à travers la Jamaïque. Pendant plus de 30 ans, elle libéra plus de 800 esclaves et les aida à s’installer dans les communautés Marrons. Nanny a été mariée à un marron nommé Adou, mais ils n’avaient pas d’enfants.

 

Qui sont les marrons ?

Les marrons sont les descendants des Afro-Caribéens. Ce sont des esclaves asservis qui se sont échappés de l’esclavage et ont formé des colonies indépendantes de femmes, hommes et enfants libres. En Jamaïque, ce groupe a été appelé Coromantie ou Koromantee. Ils ont formé leur propre communauté dans les régions montagneuses de l’île. Ils venaient de la région Akan de l’Afrique de l’Ouest et d’autres régions d’Afrique.

Ils étaient considérés comme des combattants féroces, meurtriers et durs à la défaite. Ils ont refusé leurs tristes destinées d’esclaves et on préfère résister et se battre pour leurs libertés.

Pendant la gouvernance espagnole, jusqu’en 1650, les esclaves se sont échappés et se sont mariés avec les habitants natifs de l’île, les Arawaks.

Plus tard, quand les Anglais ont pris le contrôle de la colonie, la plupart des esclaves étaient capables de fuir les plantations pour rejoindre les deux principaux groupes de marrons en Jamaïque : les Windward et les Leeward, menés respectivement par les chefs Nanny et Capitaine Cudjoe.

Pendant plus de 150 ans, les marrons ont aidé à libérer les esclaves des plantations en endommageant les terres et les propriétés appartenant aux propriétaires des plantations.

Entre 1655 et 1830, ils dirigèrent la plupart des rébellions d’esclaves en Jamaïque. La vie spirituelle et religieuse était importante. Presque toutes les rébellions d’esclaves ont impliqué des pratiques spirituelles africaines. Les pratiques spirituelles telles que Obeah (et le vaudou en Haïti) ont évolué d’Afrique, et pendant les périodes d’esclavage ont été d’une grande importance pour la population noire.

Leur résistance à l’esclavage s’appuyait sur leurs cultures et leurs identités africaines. À chaque célébration annuelle de Marron des traités de paix de 1739, il y a un élément «privé» des festivités auxquelles seuls les Marron pouvaient assister, où les ancêtres sont censés visiter les vivants, y compris la reine Nanny qui est honorée.

 

Bataille pour la résistance.

Après leurs fuites, Nanny et ses frères combattants se sont divisés pour organiser plus de communautés marron à travers la Jamaïque. Nanny et Quao ont fondé les communautés dans la commune de Portland. Accompong s’est rendu dans la commune de Saint Elisabeth dans une commune appelée Accompong Town. Cudjoe est allé dans la commune de Saint James et a organisé un village qui plus tard a été nommé la ville Cudjoe Town.

 

Grande stratège militaire et chef respectée.

La Reine Nanny a été un chef spirituel, culturel, militaire très respectée,  qui joua un rôle dans l’organisation des plans pour libérer les africains réduits en esclavage. Elle a guidé les Marrons entre 1725 et 1740 pour lutter contre les Britanniques.

Tout d’abord, elle positionne sa communauté dans un emplacement stratégique pour permettre une seule entrée et sortie de la ville. Cet emplacement était très efficace, car il était situé sur une crête, à haute altitude qui surplombait la rivière Stony. C’est-à-dire à 900 pieds où se trouvait un précipice, et le long du précipice, il y avait une voie étroite qui menait à la ville. Grâce à cet emplacement, ils ont été capables de lutter contre les soldats anglais malgré un effectif numérique inférieur. Le fait d’être en haute altitude permettait de repérer les ennemis, ce qui rendait toute embuscade britannique impossible.

De plus, Nanny avait installé ses gardes en des points stratégiques. Ils organisaient des tours de surveillance pour faire face à des attaques éventuelles de l’ennemi.

Aussi,  elle a perfectionné l’art du camouflage et a créé un système de communication à longue distance en utilisant l’Abeng, c’est une corne de vache avec un trou à une extrémité. Ce système de communication très sophistiqué des Maroon ont mis les troupes britanniques au désavantage. Ils étaient complètement impuissants dans les collines jamaïcaines.

Enfin, Nanny ordonnait à ses guerriers de s’habiller de façon à ressembler aux arbres et aux buissons. Ils se couvraient ainsi de branches et de feuilles. Ensuite,  ses hommes étaient envoyés pour se montrer volontairement aux soldats britanniques. Ces hommes servaient d’appât, et une fois repérés, couraient en direction des Marrons camouflés. Les soldats britanniques qui les avaient suivis étaient ainsi pris d’assaut par les marrons qui les tuaient.

Les marrons ont aussi utilisé des pièges pour duper les Anglais dans des attaques surprises. Cette réussite vient du fait que des marrons non déguisés se présentaient devant les Anglais et couraient dans la direction de marrons déguisés.

 

Commerce et libération d’esclaves.

Nanny avait organisé un commerce basé sur du troc de nourriture, d’armes et de vêtements, qui permettait de faire vivre sa communauté. Les marrons de Nanny Town vivaient aussi d’élevage de bétail, d’agriculture et de chasse, car Nanny avait textuellement imité le mode de vie des villages africains d’Ashanti.

Une légende célèbre au sujet de la Reine Nanny est que pendant 1737 au sommet de la résistance de Maroon contre les Britanniques, Nanny et son peuple étaient près de la famine et elle était sur le bord de la reddition, quand elle a entendu des voix de ses ancêtres lui disant de ne pas abandonner. Quand elle s’est réveillée, elle a trouvé des graines de citrouilles dans sa poche qu’elle a plantée sur la colline. En une semaine, les graines se sont transformées en grandes plantes chargées de citrouilles qui fournissaient la nourriture nécessaire à la communauté affamée. Jusqu’à ce jour, une des collines près de Nanny Town est connue sous le nom de «Pumpkin Hill».

Les marrons pratiquaient des raids dans les plantations pour récupérer les biens des maîtres esclavagistes et pour rechercher des armes et de la nourriture, incendiant au passage les plantations et libérant les esclaves à leurs communautés. Pendant plus de 30 ans, Nanny libéra plus de 800 esclaves et les aida à s’installer dans les communautés Marrons.

Grâce à son intelligence et au fait qu’elle maîtrisait l’art de la guerre, elle vaincu  les Britanniques dans de nombreuses batailles. Malgré les attaques répétées des soldats britanniques, le village de Nanny, surnommé Nanny Town, resta sous contrôle Marron pendant plusieurs années.

 

Pratiquante de  l’obeah.

Des rumeurs disaient que Nanny avait des pouvoirs magiques résultant de la religion Obeah. L’Obeah est une magie populaire originaire d’Afrique de l’Ouest et en même temps, une religion pratiquée dans le Surinam, en Jamaïque, à Trinité et Tobago, en Guyane, à Barbade, au Belize et d’autres pays caribéens. C’est un mélange de mysticisme et de magie blanche et noire.

Par exemple, on racontait dans une légende que la reine Nanny était capable d’attraper des balles avec ses mains, qui étaient une forme d’art très développé dans certaines parties de l’Afrique. Elle se moquait de certains soldats britanniques en leur demandant d’utiliser leurs armes à feu sur elle. Surpris, les balles glissaient sur les vêtements de Nanny, sans la tuer.

Elle possédait aussi des connaissances élargies sur les herbes curatives et d’autres méthodes traditionnelles thérapeutiques, pratiquées par les habitants natifs de l’île et les Africains. Ces attributs lui ont permis de se faire respecter et de soigner les membres de sa communauté.

Dans une autre légende, la reine Nanny plaçait un grand chaudron au coin d’un chemin étroit de montagne près du bord. Ce pot était bouillant même s’il n’y avait pas de feu en dessous. Quand les soldats britanniques s’approchaient curieusement, ils tombaient et mouraient. Il a été suggéré que le pot contient des herbes spéciales avec des propriétés anesthésiques. Les historiens contemporains soutiennent que le pot était en fait un bassin circulaire formé par les roches creusées de la rivière Nanny, rejoint par les eaux de la rivière Stony. Le fleuve qui coulait continuellement gardait l’eau constamment mousseuse, lui donnant l’apparence d’un pot bouillant.

 

Des guerres de plus en plus violentes.

Dans les années 1730, les combats étaient de plus en plus intenses. Les pertes britanniques se comptaient par milliers, alors que les Maroons subissaient seulement 100 victimes grâce à leurs stratégies de guerre.

Après être tombés dans plusieurs pièges, les Anglais ont eu recours à leurs propres stratagèmes : le capitaine Stoddart qui commandait un détachement employé contre les esclaves. Il établit des pierriers qui détruisirent leurs cabanes et plusieurs y furent tués, d’autres se jetèrent dans les précipices et quelques-uns furent pris.

Entre 1728 et 1734, les attaques sur la ville de Nanny Town et d’autres installations de marrons s’intensifièrent par les forces anglaises, c’est à ce moment-là, en 1733, que Nanny sera tuée. Nanny Town a finalement été capturé par les Britanniques et détruit en 1734.

En 1734, la ville de Moore est devenue la ville principale des Maroons Windward – après que les Anglais aient détruit la ville Maroon originale, qui était connue sous le nom de ‘Nanny Town’.

 

Décès de cette reine guerrière.

Selon  le Journal of the Assembly of Jamaica des 29 et 30 mars 1733, le Capitaine Sambo , un esclave noir qui aurait combattu dans la première guerre contre les marrons, connu sous le nom de William Cuffee, a tué Nanny.

Pourtant, en 1739, une parcelle de terre a été accordée à Nanny et à ses descendantes appelée la ville Nanny Town.

D’autres histoires racontent qu’elle a vécu comme une vieille dame et qu’elle est morte de causes naturelles autour de l’année 1760. Ainsi, la date exacte de son décès reste un mystère et la confusion vient du fait que Nanny était un terme employé comme un titre honorifique attribué aux personnes et pour désigner les personnalités d’envergure.

Une autre histoire raconte que la reine Nanny était venue en Jamaïque en tant que femme libre, avec des esclaves à elles et qu’elle était de sang royal.

Les restes de Nanny ont été enterrés dans la tombe nommée « Bump Grave » dans la ville de Moore Town (en) par les marrons de Moore Town, une des communautés établies par les marrons Windward dans la commune de Portland.

Nanny a été nommé héros national pour la Jamaïque en 1976. Elle a été immortalisée dans les chansons et les légendes. Elle restera dans les mémoires comme la plus grande figure emblématique de la résistance jamaïcaine. On trouve le portrait de Nanny sur le billet de 500 $ jamaïcains.

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