Les Afro-Colombiens : fiers de leurs racines africaines

Les Afro-Colombiens : fiers de leurs racines africaines

Afroculture.net part à la découverte de ce qu’on entend et ne voit pas assez. Nous posons nos valises en Colombie pour découvrir l’histoire des Afro-Colombiens. 

Qui sont les Afro-Colombiens ?

Les Afro-Colombiens sont les noirs vivant en Colombie. Ils sont des descendants d’esclaves africains déportés pendant la traite atlantique. Très fiers de leurs origines africaines, ils représentent plus de 10.5% de la population totale du pays, soit 1/5 de la population de Colombie. La Colombie est le second pôle de concentration de la population noire en Amérique Latine.

Leur arrivée en Colombie

 Entre 1510 et 1851, les Espagnols emmènent des esclaves africains originaires de l’Angola, du Congo, du Ghana, de la Guinée, du Nigeria et du Sénégal pour servir de main d’œuvre en Colombie. Ils sont là aussi pour remplacer la population autochtone en déclin, qui a du mal à supporter les travaux demandés. Ils sont considérés comme des hommes sans âme et traités comme des animaux. Cette traite négrière est approuvée par l’Église catholique. Ils débarquaient à Carthagène, qui est devenu au XVIIème siècle, le principal port autorisé pour introduire les esclaves africains.

Cette concentration de main d’œuvre était utilisée pour travailler dans différents secteurs difficiles. On les choisissait, car ils étaient forts, musclés, mais aussi capable de supporter les pires travaux.

_Les mines : ces esclaves travaillent dans les mines d’or d’Antioquia et du Choco, dans la vallée du Cauca ainsi que dans la région du fleuve Magdalena.

_Secteur du sucre : ils travaillent aussi dans les plantations de canne à sucre.

_L’entretien des chemins.

_Dans le secteur de la construction.

_Dans l’agriculture : ils s’occupaient des ranchs et du bétail.

 _Services domestiques : ils aidaient à la maison des colons comme majordomes, femmes de ménage ou autres.

Quelques révoltes marquantes des afro-colombiens.

Il y a eu des révoltes pour la liberté. Une des plus importantes se passa en 1529 où les esclaves ont totalement brûlé la ville de Santa Marta. Elle a été reconstruite en 1531, mais elle fut de nouveau incendiée lors d’une autre révolte en 1550.

En 1598, 4 000 esclaves ont détruit la mine d’or la plus rentable de Saragosse.

Palenques

Certains esclaves appellent les « Cimarrones » se sont battus de toutes leurs forces pour avoir leur liberté et affirmés leurs africanités. Ils se sont réfugiés dans la jungle en créant des Palenques. Les premiers “palenques” ont été établis au XVIe siècle le long de la côte atlantique et de la côte Pacifique

On peut aussi parler de l’esclave Benkos Biohó, de Guinée-Bissau très populaire, qui a organisé une résistance militaire avec des fugitifs pour conquérir Carthagène. Ils étaient situés dans les monts María. Il signa plus tard en 1605, un traité de paix qui reconnaissait l’autonomie de la Palenque de la Matuna. En 1608, il crée la Palenque de San Basilio qui restera dans le futur un des principaux lieux d’expression de la culture afro-colombienne.

Les colons espagnols avaient subdivisé les noirs en différentes catégories :

  • Les esclaves africains nés en Afrique étaient appelés « bozales »
  • Les africains créoles (criollos), nés de parents africains étaient surnommés « les nègres »
  • Les métis africains et indigènes : zambos
  • Les métis africains et espagnols : mulatos

En 1851, il y a eu le processus d’abolition de l’esclavage en Colombie. Mais ils étaient exclus de la société sans droits de citoyenneté. Ce n’est qu’en 1991, que la nouvelle Constitution colombienne en vertu de l’article 55 les considère comme des personnes juridiques, formant une communauté.

La vie en Colombie

Les Afro-Colombiens souffrent de racisme et de discriminations raciales. Leurs existences sont très difficiles, car ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Ils sont obligés de survivre au jour le jour et beaucoup vivre en dessous du seuil de pauvreté. Ils sont considérés comme une minorité et ne sont pas représentés dans les films. Marginalis2s, souvent exclus, les noirs ont souvent des rôles dévalorisants en Colombie. Ils parlent l’espagnol colombien. D’autres parlent le créole de San Andrés et l’anglais des Caraïbes.

Selon le mouvement CIMARRON :

  • 61 % des Afro-Colombiens vivent dans une grande pauvreté, au-dessous du seuil de pauvreté.
  • 79 % touchent un salaire inférieur au minimum légal
  • 7 % perçoivent un salaire inférieur à 40 dollars.
  • l’espérance de vie est de 55 ans comparés à 60 ans pour la moyenne nationale.
  • Taux d’analphabétisme : Noirs, 43 % en zone rurale et 23,2 % en zone urbaine; Blancs, 20 % en zone rurale et 7,3 % en zone urbaine.
  • sur 100 jeunes Noirs des communautés urbaines, deux, seulement accèdent à l’Université.
  • 80 % des Afro-Colombiens ne peuvent pas payer les études universitaires.

Les villes ayant les plus fortes populations afro-colombiennes sont :

  • Cali (542 936)
  • Carthagène des Indes (319 373)
  • Buenaventura (271 141)
  • Barranquilla (146 538)
  • Medellín (137 988)
  • Tumaco (129 491)
  • Quibdó (100 007)
  • Turbo (99 274)
  • Bogota (97 885)
  • Riohacha (44 841)

Le terme “nègre” est rarement utilisé en Colombie. Il est considéré comme irrespectueux et désobligeants. Pour qualifier les Afro-Colombiens ont les nomme :

  • Moreno (marron)
  • gente de color (gens de couleur)
  • libres (gens libres),
  • costeno (habitants de la côte)
  • Afro-Colombiano (Afro-Colombiens)
  • La Communautés noires (La Comuniado Negras)

Reconnaissance et progrès pour la communauté noire de Colombie

En 1990, l’organisation politique noire colombienne a mis l’accent sur l'”identité noire”. En 1993, il gagne du terrain. La loi 70 a été adoptée. Elle interdit interdisant la discrimination à l’égard des Noirs et une meilleure représentation de la communauté noire au gouvernement et dans l’industrie. Elle ajoute aussi des droits fonciers collectifs aux Afro-Colombiens.

La Constitution colombienne de 1991 a reconnu les droits culturels des minorités ethniques du pays ainsi que le droit de posséder et à vivre collectivement sur leurs territoires ancestraux. La loi 70 de 1993, pour les personnes d’ascendance africaine, et la loi 60, pour les autochtones, leur confère légalement ce droit. Concernant la religion, la plupart des Afro-Colombiens sont catholiques.

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La culture africaine en Colombie

L’Art et la musique en Colombie sont inspirés par la culture africaine. On peut citer par exemple des styles musicaux comme la cumbia (vientsdu mot bantou nkumbi, qui signifie tambour). abosao, vallenato, currulao, champeta, bullerengue, mapale qui sont issus de la culture afro.

Il existe de nombreux concours de coiffures afro-colombiennes qui puisent encore l’influence de leurs origines africaines.

Les concours de coiffures afro-colombiennes ont lieu une fois par an en Colombie. Le 21 mai, à la célébration de l’abolition de l’esclavage (en 1831 en Colombie). Il y a un concours des coiffures afro-colombiens, dans le but d’honorer la culture africaine et le peuple qui y travaille ENagitant les cheveux afro.

Fierté des Traditions africaines 

San Basilio de Palenque

Sur la côte caribéenne, colombienne, à San Basilio de Palenque, proche de Carthagène, les habitants vivent en suivant les coutumes, rites et traditions africaines, comme le faisaient leurs ancêtres. Cet endroit est très célèbre, grâce à ces signes où on voit des femmes Afro-Colombiennes à la peau noire, qui arborent de robes multicolores. Elles marchent en balançant leurs hanches, avec des coupes de fruits frais sur leur tête.

San Basilio de Palenque est considéré, depuis le XVe siècle, comme le premier village d’esclaves libres en Amérique du Sud. Ils symbolisent le courage pour les luttes de la liberté des cimarrones, qui ont fuit leurs propriétaires pour avoir une vie meilleure. Le terme “palenque” exprime un symbole de liberté parce que toute personne qui en devenait membre était automatiquement libre. Cette région est aussi considérée comme le berceau de la richesse culturelle africaine de la Colombie. Les palenqueras préservent les traditions africaines apportées par leurs ancêtres africains. Au niveau de la langue, la langue palenque est une langue créole basée sur le lexique espagnol, mais avec les caractéristiques morpho-syntaxiques des langues autochtones du continent africain, notamment le Bantou. Les chercheurs ont également détecté que le lexique de Palenquero inclut des mots des langues kikongo et kimbundo.

 La plupart des habitants de Palenque utilisent toujours leur propre langue, leur propre style de musique et de danse. Ils pratiquent une sorte de vaudou, selon la légende locale. 

Peuple Raizal de San Andrés

Les Raizals sont appelés SIFAPARANS”. C’es un groupe ethnique afro-caraïbe protestant, qui parle le créole San Andrés-Providencia. C’est un créole anglais, vivant dans l’archipel de San Andrés, Providencia et Santa Catalina. Ils sont fortement liés aux peuples culturels antillais de la Jamaïque et d’Haïti.

Comme les Afro-américains, les Afro-Colombiens effectuent des tests ADN pour retrouver le pays africain d’où ils viennent.

 

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