Cri du cœur des parents de bébés siamois

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Cri du cœur d’un père, Julius Banla Ndi, pour sauver ces bébés siamois

« Qui sauve une vie, sauve l’humanité. » De nombreux parents d’enfants siamois se battent au quotidien, pour sauver la vie de leurs nouveau-nés en essayant de les faire transférer dans des unités de chirurgie spécialisée à l’étranger. Ces parents ont besoin de soutiens financiers, de réconforts et d’amour de la part de tous.  

Cri du cœur des parents de bébés siamois

Les jumeaux siamois, c’est quoi ?

Les jumeaux siamois sont des jumeaux fusionnés. Ils sont réunis par une partie de leur corps à la naissance. Ils représentent 1 sur 100 000 naissances et ils sont plus fréquents en Asie et en Afrique.

Ce genre de cas survient suite à une grossesse gémellaire monochoriale et monoamniotique. Et, ils sont le résultat biologique de la fécondation d’un seul œuf qui se divise pour créer deux bébés identiques.

Le premier cas était les jumeaux siamois Chang et Eng Bunker, en 1811, originaires du Siam.

Parents d’enfants siamois : un combat pour tout une vie

La naissance d’un enfant est le plus beau jour de la vie d’un parent. On se prépare psychologiquement, on s’impatiente, on a hâte de tenir dans nos bras le futur bébé tant attendu. Mais dans certains cas, les circonstances nous entraînent dans des situations, auquel on n’était pas préparé. Il arrive certains cas, où des parents donnent naissance à des enfants siamois. Le quotidien de ces familles basculent. Et une course contre la montre commence pour sauver la vie de ces enfants.

Les parents doivent faire face à différents problèmes :

  • Problèmes de santé pour les enfants : les enfants siamois ont des besoins bien spécifique. Ils peuvent se contaminer mutuellement en cas de maladie.
  • Problèmes financiers : le coût d’hospitalisation pour des enfants siamois est très élevé. Certains jumeaux qui sont reliés par la tête ou partagent des organes vitaux importants ont très peu de chance de survivre. Pour les familles démunis, un combat commence, car il faut les transporter dans des cliniques spécialisés pour les recevoir. Sans oublier, que pour les parents qui souhaitent faire une opération chirurgicale pour séparer leurs enfants. Un long processus d’angoisse et de récolte de fonds est nécessaire pour les sauver.
  • Problèmes vis-à-vis du regard des autres. Car, beaucoup de personnes, malheureusement, stigmatisent et rejettent ces pauvres enfants. Dans certains pays, les jumeaux siamois sont vus comme des malédictions ou des bêtes de foires. On les rejette et on les accuse d’être des enfants sorciers. Le regard et les jugements des autres sont très blessants lorsqu’on est confronté à ce genre de situation.

Quelques exemples de parents qui mènent une bataille pour sauver leurs enfants !

1. Evelyn et Julius Ndi Banla -parents de bébés siamois au Cameroun

Les jumeaux siamois, du Cameroun, Ndi Banla Julius

Qui sauve une vie, sauve l’humanité. »

Julius et Evelyn viennent du village de Ndonga Mantung, dans la région nord-Ouest, du Cameroun. Deux mois, avant la naissance de leurs enfants, Julius Banla Ndi perd son emploi et se retrouve dans une impasse financière. Evelyn, la femme de Julius, donne naissance à deux bébés siamois. Les bébés s’appellent Davis et Darryl. Mais, suite à l’accouchement par césarienne, la maman des bébés siamois, se retrouve paralyser des reins jusqu’au pied. Vu sa condition, il est très difficile pour elle, de prendre soin de ses enfants correctement. Heureusement, son mari et sa grand-mère maternelle de 70 ans, sont là pour la soutenir.

Désespéré et perdu, Julius, le papa, cherche une solution pour aider ces nouveau-nés siamois. Il se retrouve totalement désemparé, car il ne s’attendait pas à vivre une telle situation. Il explique aux journalistes du Deutsche Welle : « J’ai l’impression que c’est la fin du monde pour moi. Quand je les regarde, je pleure et je me dis “Mon dieu, que m’arrive-t-il ?” ».

Vivant dans une angoisse permanente, Julius reste combattif malgré tout. Il fait appel à une ONG « Youth and Gender Welfare Association » pour leur venir en aide. La responsable de l’association Ruth Ali Enow convainc et aide les parents à se déplacer vers Yaoundé, car l’hôpital de la localité où ils habitent se retrouve vite dépasser par les évènements. Evelyn et Julius parcourent ensemble plus de 500km, pour rejoindre l’unité spéciale de l’hôpital de la fondation Chantal Biya à Yaoundé , dans la capitale camerounaise.

David et Daryl, les jumeaux siamois, famille camerounaise
Les jumeaux Davis et Daryll

Les résultats des scanners révèlent que :

  • Les organes, non-vitaux, ont fusionné ensemble et que les intestins sont entremêlés.
  • Pour éviter qu’ils ne tombent malades, les Siamois suivent un régime alimentaire strict. Mais cette situation reste très inquiétante car : si l’un d’eux tombe malade, l’autre sera forcément touché » déclare Ruth Ali Enow.
  • Selon les experts, les bébés ont une chance de survivre ; ils ont des organes distincts “indispensables”.
  • Ils sont rejoints dans l’abdomen et les organes dans la cavité thoracique, habituellement du côté gauche, qui se trouvent sur le côté droit.

Après quelques recherches et l’aide de personne bienveillante, les parents des nouveau-nés siamois trouve une équipe chirurgicale spécialisée en vue de leur séparation. Mais cette opération est extrêmement couteuse car ils ont besoin de réunir la somme de 15 000 $ pour transférer leurs nouveau-nés siamois aux États-Unis.

Le Docteur koki Ndomba Paul, en charge des garçons, explique que le Cameroun manque d’infrastructure nécessaires pour réaliser une opération d’une telle envergure. Dès l’arrivée des enfants, l’équipe médicale a fait le nécessaire pour comprendre comment les jumeaux sont reliés entre eux. Le Dr. Koki Ndomba Paul souligne : « Immédiatement après leur arrivée, nous nous sommes aperçus qu’ils étaient en assez bonne santé, mis à part quelques infections superficielles. Nous les avons pris au département de radiologie et nous avons effectué un scan complet du corps de chaque bébé de façon à évaluer en particulier la région du thorax et de l’abdomen afin de voir exactement le niveau de l’attachement de chacun à l’autre. »

La responsable de l’ONG Youth and Gender Welfare Association, Ruth Ali Enow a ouvert un compte bancaire dans la banque Eco Bank à Yaoundé afin de réunir les dons pour emmener les jumeaux aux États-Unis pour se faire soigner.

 2. Les bébés Siamois Hassan et Boubacar de Guinée

Boubacar et Hassane, les jumeaux siamois de Guinée
Boubacar et Hassane, les jumeaux siamois de Guinée

Dans la maternité de Donka, à Conakry, deux frères siamois Boubacar et Hassane, âgés de 5 mois, en vue le jour, le 12 janvier 2015. Les deux bébés sont reliés par le foie. L’association de la chaîne de l’espoir a fait un appel aux dons pour pouvoir payer l’opération chirurgicale à l’l’hôpital Necker-Enfants Malades (Paris).

Heureuse nouvelle : les bébés siamois de Guinée, Hassan et Boubakar ont été séparés le 26 mai 2015 à l’hôpital Necker, à Paris. Cette opération a été réalisé par Dr Daniel Agbo-Panzo, chef du service de chirurgie pédiatrique du CHU de Conakry et l’équipe chirurgicale du Professeur Yves Aigrain. Les frères jumeaux étaient liés par l’abdomen. Merci encore à tous ces médecins et à l’association la chaîne de l’espoir pour les avoir aidés. Que dieu bénisse tous ces gens et prend soin de ces enfants. Qui sauve une vie, sauve l’humanité !

 

La solidarité est essentielle pour aider ces bébés siamois. Il y a une magnifique phrase qui dit « qui sauve une seule vie, sauve le monde entier. » Nous avons tous nos problèmes et nos difficultés à régler, mais il n y a rien de plus beau dans ce monde, que de voir des milliers de personnes réunis, ensemble pour sauver une vie.

Par manque de solidarité, de finances, ou de soins rapides, certains jumeaux siamois sont décédés.

3. Les petites jumelles siamoises de Côte d’Ivoire

Les jumelles siamoises de côte d'ivoire

Nous pouvons citer le cas des deux petites jumelles siamoises, nées le 18 septembre 2014 à la clinique Sainte Trinité à Abidjan en Côte d’Ivoire. Malgré le cri du papa pour venir en aide à ces jumelles. Ils n’ont pas pu avoir les fonds nécessaires et leurs enfants sont décédés.

4. Les petites jumelles siamoises Bi et Tengu, originaires du Cameroun

Les parents Sambas ont eu jumelles siamoises
Evaristus Samba 29 ans et Glory Njweng 23 ans, parents de jumelles siamoises

Les petites jumelles siamoises Bi et Tengu sont nées le 10 octobre 2011, à l’hôpital presbytérien Acha Tugi dans la région du Nord-Ouest  du Cameroun. Les bébés étaient reliés par le thorax et l’abdomen. Elles ont été transférées à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé. Après une série d’examens, les médecins avaient découverts qu’elles avaient  une infection cutanée à la staphycoloque, au niveau des cuisses. Si elles n’étaient pas traitées à temps, les bébés pouvaient faire une septicémie et mourir. » Malgré leurs batailles pour survivre, les jumelles sont décédées à l’âge de 9 mois. De plus, Evaristus Samba et sa femme Glory ont beaucoup souffert des critiques des gens.

La maman des Siamoises, Glory a expliqué à la presse :

Beaucoup de gens disent que c’est une chose mystique de donner naissance à ces enfants», dit Njweng. Certains disent que ma famille est maudite. Certains disent que nous avons été ensorcelés. Certains disent que les enfants sont des sorcières.  Certains disent que mon mari a été impliqué dans un culte.» 

 Les gens ont dit toutes sortes de choses. Je me sentais tellement déprimée quand j’ai entendu tout cela.»

Il existe pleins d’autres cas de jumeaux siamois. S’il y a un espoir pour ces enfants, de vivre et d’être en bonne santé, nous devons tenter notre chance. Chacun selon nos actes et notre cœur, nous devons faire un geste pour les sauver par des prières, des donations ou autres. Cela ne garantit pas que l’opération va absolument réussir. Mais, au moins, on aura, tous ensemble, essayé de les aider.

Message d’espoir pour les parents de bébés siamois

Il existe des cas de bébés siamois, que l’on a réussi à séparer. Afroculture.net remercie le travail acharné de ces médecins, plein de courages, qui luttent au quotidien, pour sauver des vies et redonnent une chance à ces bébés siamois de survivre.

  • Le docteur Benjamin Carson, de l’université John Hopkins aux Etats-Unis, a consacré sa vie pour sauver la vie de bébés siamois. C’est un médecin dont l’histoire est racontée dans le film « les mains en or », c’est-à-dire « Gifted hands » en anglais.

Dr Ben Carson Gifted hands

Il a effectué diverses opérations en vue de séparer des bébés siamois :

_En 1987, Benjamin Carson et son équipe de 70 personnes arrivent à séparer deux jumeaux siamois allemands qui étaient reliés par le bas de la tête depuis leur naissance. Cette opération a duré 22 heures.

_En 1944, il a essayé de sauver des sœurs siamoises de 7 mois, mais elles n’ont pas survécu.

_Le 31 décembre 1997, le docteur afro-américain Ben Carson et le neurochirurgien Sam Mokgokong de l’hôpital de Ga-Rankuwa de Pretoria en Afrique du Sud ainsi qu’une équipe de 50 spécialistes ont réussi à séparer, deux siamois zambiens, Luka et Joseph, âgés de 5 ans, reliés par la tête. L’opération ne pouvant se faire en Zambie, en raison d’un manque d’équipements de base, ils ont été transférés aux Etats-Unis.

Facebook : https://www.facebook.com/realbencarson

Site de son association : http://carsonscholars.org/

Site de site internet: http://www.bencarson.com/

Le docteur Benjamin Carson est actuellement à la retraite et se présente aux prochaines élections présidentielles.

  • Les chirurgiens du Texas Children’s Fetal Center de Houston, aux États-Unis, ont réussi à séparer deux sœurs siamoises, de 10 mois, après 26 heures d’opération. L’opération s’est passée le 17 février 2015 et les jumelles ont été séparées avec succès. Les jumelles Knatalye Hope et Adeline Faith sont nées le 11 avril 2014, et elles étaient lier par la poitrine et l’abdomen.
  • Des chirurgiens saoudiens ont réussi à séparer deux siamois camerounaises Pheinbom et Shevoboh, nées dans le village du nord-ouest du Cameroun. Les jumelles étaient jointes par la poitrine, l’abdomen et le pelvis. Le roi saoudien, très généreux, a accepté de payer et les à transporter en Arabie Saoudite pour qu’elles puissent subir une opération chirurgicale en 2007. Après 16 heures de travail, l’opération s’est bien passée et elles ont leurs propres estomacs. Mais, malgré tout, les jumelles se retrouvent avec une jambe chacune, elles doivent retourner en Arabie Saoudite pour être équipés de membres artificiels et apprendre à marcher.
  • En Arabie Saoudite, à Riyad, les chirurgiens du centre médical King Abdulaziz, ont séparés avec succès, deux siamois yéménites. Les Siamois étaient liés par le bassin.
  • À Paris, en France, l’équipe du professeur Yann Révillon, chef du service de chirurgie viscérale de l’hôpital Necker-Enfants Malades, ont réussi à séparer les deux frères siamois, âgés de 8 mois, Imahagaga et Imahalatsa, originaires de Madagascar. Les jumeaux avaient l’organe du foie en commun. Le professeur Yves Aigrain déclare sur France 3 : « Ça reste une intervention exceptionnelle, d’abord parce que la fréquence des jumeaux conjoints est peu élevée. » Une telle opération est aussi extraordinaire “à cause des moyens qu’elle nécessite en amont de l’intervention pour faire un bilan des organes en commun et des possibilités de réparation”, a estimé Yves Aigrain. “Il faut souligner à ce niveau les progrès de l’imagerie qui nous ont permis de prévoir l’intégralité des temps opératoires avant l’intervention.” De plus, la même équipe chirurgicale avait déjà réussi à séparer, en 2001, deux sœurs siamoises, originaires du Royaume Uni.
  • En Malaisie, les chirurgiens de l’hôpital Kuala Lumpur ont réussit à séparer deux garçons siamois Muaiman et Muaimin Azil, après une opération chirurgicale de 24 h. Une équipe de 60 personnes, se sont relayés, pour sauver ces enfants. Les jumeaux étaient reliés par le bassin et possédaient trois jambes. Ils partageaient les organes génitaux et la vessie. Muaiman a gardé ses deux jambes et son frère Muaimin va recevoir une prothèse. Le père des jumeaux exprime sa joie : « Je suis tellement soulagé, je ne pouvais pas dormir avant l’opération. Aujourd’hui, je suis simplement heureux qu’ils soient en sécurité. »
  • Au Royaume Uni, le chirurgien David Dunaway, de l’hôpital de Great Ormond Street, à Londres, avait réussit à séparer deux fillettes siamoises, âgés de un an. L’opération était risquée, car les jumelles Rital et Ritag étaient liés par une partie du crâne. Il y avait 1 chance sur 10 millions pour que ça marche, car les jumeaux rattachés par la tête ou partageant le même cœur sont des cas très difficiles. Les parents ont fait appel à l’association britannique Facing the World, spécialiste dans l’aide aux enfants souffrant de déformations faciales, pour leur venir en aide.
  • Au Brésil, à l’hôpital de Goiânia, le chirurgien Zacharias Calil et son équipe, ont séparés les jumeaux siamois Israël et Levi, âgés de 14 mois. Les Siamois étaient liés par les hanches et les abdomens. Ils possédaient quatre jambes et partageaient les intestins, la vessie et les organes génitaux. Le chirurgien Zacharias Calil explique : « Cela s’est avéré très difficile et très compliqué, mais nous avons réussi » a précisé le médecin. Le coût de cette opération s’élevait à environ 420 000 francs. Une somme qui a été subventionnée par le gouvernement de l’État de Goias, au Brésil.

 

 

Les Siamois sont des êtres humains ordinaires. Il faut que certaines personnes arrêtent de les considérer comme des malédictions, des enfants sorciers ou des bêtes de foires. Chaque humain vient au monde pour une raison bien précise. Chaque enfant est une bénédiction et un don de Dieu, qu’importe sa différence. Alors mobilisons-nous pour cette famille, à travers des prières, des dons divers, en faisant appel à des équipes médicales spécialisées pour leur venir en aide.

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